Vendredi 16 Juin 2006. Quatre mois de stage s'achèvent. Un pot pour marquer l'évènement à 12h lors de la réunion hebdomadaire, avec bizarrement les gens que j'estimais le plus au sein de mon service. Vers 17h30, je croisais la femme qui tenait obsolument à ce que j'aille passer la voir avant de partir. C'était donc chose faite. Après m'avoir demandé ce que j'envisageais de faire l'année prochaine, elle m'a noté son numéro de téléphone de façon spéciale, pour éventuellement boire un verre. Sur le post-it jaune, elle note d'abord son nom, avant de faire pivoter le papier et de noter son numéro dans l'autre sens. "J'aime les choses à l'envers", me dit-elle. Inutile de préciser que j'ai débloqué sur l'instant. Bref, j'ai toujours le post-it dans mon cahier de stage. Le moment de quitter les lieux approchait. C'est là que je me rend compte de la vitesse à laquelle je m'attache aux gens. A chaque fois que quelqu'un me souhaitais bonne continuation, et tout ce qui va avec, j'étais ému comme pas possible, la gorge et les trippes resserrées. Ils étaient à deux doigts de me faire chialer, ces cons. Quatre moins de stage, et pourtant, on aurait dit que je tournais une page de deux ans de ma vie ! Je suis certain que certains se sont aperçus que je n'étais pas loin de craquer. en tout cas, j'ai eu beaucoup de difficultés à masquer cette émotivité.
La semaine qui suivait devait être principalement consacrée à la préparation de la soutenance de stage, fixée au Vendredi 23 Juin 2006. Mais avant cela, il était nécessaire de se distraire pendant le week-end. Le samedi était l'occasion de faire une belle partie de football avec les amis du quartier, face à une équipe que nous avions rencontré sur place. Le dimanche, on avait prévu une sortie à Bellewaerde Park. Ca faisait bien six ou sept ans que je n'avais plus mis les pieds dans un parc d'attractions. Il faut dire que je ne suis pas spécialement amateur de sensations fortes que proposent ces jeux. Malgré de fortes appréhensions, j'ai quand même pris mon courage à deux mains, sauf pour le Grand Huit et l'espèce d'ascenseur qui te propulse verticalement à une vitesse suffisamment élevée pour me dissuader. J'ai eu le maximum de sensations sur la Coccinelle, une copie du Grand Huit sans looping. J'ai fais le premier tour les yeux fermés en gueulant comme un putois. Tous mes amis situés devant moi ont d'ailleurs pris plaisir à se retourner pour mater ma réaction. J'ai un peu mieux géré le deuxième tour, à tel point que j'étais partant pour un troisième tour bonus, qu'on a finalement obtenu. Passé le cap de l'appréhension, j'ai même pris du plaisir. On quittait le parc sur le coup de 17h40, puisque la fermeture était de toute façon fixée à 18h. Une journée fatiguante, avec des coups de soleil pleins la figure, des bleus sur le bras, des jambes alourdies par la marche. Bref, une franche partie de rigolade pour un week-end très réussi.
Voilà enfin une semaine où je pourrais rester chez moi. Une semaine aux faux airs de vacances. C'est cependant trompeur, puisqu'une épreuve importante m'attendait le vendredi. Suffisamment trompeur pour réellement préparer mon oral seulement la veille de la soutenance. Pas de fête de la musique donc pour moi. Lundi et Mardi, j'ai fait de grosses séances d'abdos, Mercredi et Jeudi, c'était détente, Coupe du Monde, et préparation de soutenance devant Brésil - Japon.
Et donc arrivait ce fameux rendez-vous du 23 Juin. Mon tuteur n'a pas pu se déplacer pour assister à mon examen, et je n'ai pas réussi à déplacer la date. L'oral se passe plutôt bien, même si j'ai pas mal galéré pour expliquer certaines choses sur rétroprojecteur, la pression amplifiant l'effet de médiocrité. Les commentaires des professeurs se placent uniquement sur le fond de ma soutenance, un peu trop technique par instants, et sur quelques détails du rapport qui a été rendu la semaine précédente. Rien de bien méchant. Mercredi, je devrais connaître si le jury valide mon diplôme en première instance. Le début d'année a été difficile, mais peu à peu, j'ai eu le sentiment d'inverser la tendance. La motivation est peu à peu revenue, et les résultats se sont révélés meilleurs. Non pas que j'ai été démotivé, mais la mauvaise organisation légendaire de l'école qui m'accueillait pour la troisième année n'aidait en rien à placer les étudiants dans de bonnes conditions. En voyant que mes premiers résultats étaient moyens, ma haîne de l'échec a repris le dessus. Et je pense avoir suffisament redressé mes résultats avant d'aborder la deuxième partie de l'année. Le stage s'est également très bien déroulé, ce qui m'amène à être confiant sur la décision que prendra le jury, Mardi. J'attends également la réponse de mon éventuelle future école, suite au dossier de candidature déposé il y a trois semaines. En attendant, place à un nouveau week-end de détente.